Atelier danse-théâtre
à la manière de Pina Bausch

Pour célébrer le Festival des langues 2026 avec la culture allemande au Lycée Jean Jaurès, la danseuse et chorégraphe Marie Laure Spéri est venue animer les 19 et 26 mars, pour tous les germanistes et autres élèves et personnels volontaires, une initiation à la danse-théâtre, à la manière de Pina Bausch.

Le Tanztheater Wuppertal de Pina Bausch

Cette dernière avait inventé une toute nouvelle forme de danse à partir du ballet classique (sa spécialité) en s’inspirant des autres arts – notamment du monde dramatique. C’est ainsi qu’elle fonda à partir des années 1970 sa compagnie Tanztheater dans la ville allemande de Wuppertal.

Le Tanztheater Wuppertal de Pina Bausch explorait les grands sujets comme les difficultés relationnelles avec l’Autre (notamment dans le cadre des rôles genrés que la société attribue aux femmes et aux hommes), les phénomènes d’exploitation, d’humiliation, d’addiction au sein des rapports intimes ; mais aussi le fait d’être sans voix devant l’émotion, la panique ou la peur d’un danger qui ne dit pas son nom. Il s’agissait de créer sur scène un paysage intérieur, dans lequel les corps en mouvement expriment toute la complexité de ces émotions et montrent le poids du monde extérieur sur les individus – non sans un certain humour, d’ailleurs.

Cette démarche fit date, et c’est ainsi que Pina Bausch (1940-2009) est aujourd’hui reconnue dans le monde entier comme l’une des artistes les plus importantes pour l’évolution de la danse au 20e siècle. Parmi ses nombreuses distinctions internationales, Bausch a par exemple été sacrée Chevalier de la Légion d’Honneur en France en 2003.

La danse-théâtre au Lycée Jean Jaurès

L’intervenante pour le Festival des langues, Marie Laure Spéri, a eu la chance de travailler directement avec le Tanztheater Wuppertal par le passé. Elle a proposé, en petits groupes, une initiation à la danse-théâtre en salle polyvalente à tous les germanistes et élèves volontaires de l’établissement, à partir d’un extrait de la pièce Kontakthof (Cour de Contact) de Pina Bausch, qui a été jouée pour la première fois en 1978. Cette page de France Info revient sur la mise en scène de cette pièce à l’Opéra de Paris en 2022.

Ainsi, les participantes et participants ont pu apprendre et appliquer des techniques de danse théâtrale telles que la diagonale de présentation quasi carcérale devant le public, la performance individuelle d’un moment insolite, la coordination d’énergies en binômes à travers différentes parties du corps et autres sauts et portées en petit comité. Un tableau particulièrement savoureux fut par ailleurs constitué pour la scène de bal, grâce aux improvisations s’appuyant sur des rôles prédéfinis : le couple qui danse le tango, la dame triste qui a besoin d’être vue et qui n’y arrive pas, les hommes d’affaires qui circulent d’un pas important en périphérie de la piste de danse, la femme ludiquement effrayée par un homme la poursuivant avec une souris, le danseur solitaire mais bienheureux etc.

Comment créer, entretenir et maintenir du lien dans les relations humaines, en particulier au sein des dynamiques de couple ? Comment l’individu peut-il interagir authentiquement avec autrui tout en assumant pleinement ses rôles sociaux, notamment genrés ? De quelle manière les nombreux corps sur scène peuvent-ils incarner un commentaire sociétal de la modernité industrialisée ? Voici seulement quelques problématiques qui ont pu être abordées au travers d’une pratique du Tanztheater à la manière de Pina Bausch.

La valse des élèves

« J’ai apprécié le moment, c’était une expérience enrichissante malgré le fait que je n’aime pas la danse. Je suis satisfait d’avoir participé. »

« L’atelier danse était très agréable, ça nous a permis de découvrir une nouvelle forme de danse très explicite, expressive et authentique. Note pour cette intervention : 9/10. »

« L’atelier danse-théâtre a été pour moi une expérience intrigante et pleine de ressources. La découverte de ce style de danse gestuelle ainsi que de cette pièce « Kontakthof » de Pina Bausch (1978) lors du bal m’a spécifiquement plu. »

« Ce qui m’a marqué, c’est qu’on puisse autant se lâcher et être nous-mêmes. J’ai aimé le fait de jouer un rôle qui me correspond et de voir mes camarades se prêter au jeu. »

« Ce qui m’a étonné, c’est quand il fallait donner son énergie à l’autre ; je n’ai pas compris et je trouvais ça bizarre. Ce qui m’a plu, ce sont les musiques à l’arrière-plan quand on faisait le théâtre. C’était très énergique. »

« J’ai trouvé que c’était sacrément bien – à refaire. J’ai commencé à croire à l’énergie qui m’entoure. A faire au moins une fois dans sa vie actuelle ou antérieure, même si au début, c’est très spécial et un peu gênant. »

« L’intervention sur l’atelier danse-théâtre était sympathique, la dame très gentille. Ce qui nous a étonné : il fallait s’ouvrir à l’énergie des autres. C’était gênant mais c’était marrant. C’était une bonne expérience à réaliser une fois dans sa vie. Dommage qu’on ait pas pu voir la vidéo jusqu’à la fin. »

 « Je trouve que c’est un style complètement différent de ce que l’on voit de nos jours et c’est un style de danse intéressant et assez sympa. Ca nous motive à bouger et parler avec le corps. Ce n’est pas un style où on peut être à l’aise au début mais avec le temps, ça vient tout seul. Donc c’était une bonne expérience. »

« Ce qui m’a étonné, c’est que je m’attendais à plus de « vraie danse ». Ce qui m’a plu, c’est l’ambiance qui était cool, la dame présente était sympa. Oui, j’ai aimé et je trouve qu’il devrait y avoir des activités comme ça plus souvent. »

« Ce qui m’a surpris est que la danse-théâtre demande beaucoup d’énergie. Ce qui m’a plu est le bal avec un rôle par personne, car c’était très bien fait et tout le monde avait un rôle. »

« Alors l’atelier danse-théâtre était intéressant. J’ai bien aimé le fait qu’on a eu la liberté de faire ce qui nous plaisait tant que ça rentrait dans le rôle du personnage de « Kontakthof » de Pina Bausch qu’on devait jouer. J’ai bien aimé aussi le moment où l’on devait interpréter à plusieurs reprises une scène de cette pièce / danse. Le seul incovénient a été l’heure, de 16h à 18h un jeudi. »

« J’ai bien aimé l’atelier danse-théâtre. Malgré le fait qu’au début, je n’étais pas très motivé, j’ai aimé le fait que nous devions être synchronisés et respecter un certain nombre de mouvements. Nous avions des rôles que nous devions jouer (hommes d’affaire, danseurs et danseuses …). C’est un type de danse spécial. J’ai quand même bien aimé. »

« J’ai ressenti de l’amusement, au moment où j’ai joué le rôle du moqueur avec Enzo. C’était drôle et il fallait de l’inspiration pour critiquer et / ou se moquer des gens qui dansaient. J’ai trouvé ça drôle, le fait de pousser indirectement ses camarades et le fait qu’ils aient des réactions exagérées. »

Yazid : « J’ai trouvé cette intervention intéressante, amusante et mémorable. Elle a permis un moment de joie et de convivialité permettant de nous dépenser et d’interagir physiquement et verbalement entre élèves et professeurs, donnant un expérience inoubliable. Les différentes activités proposées par l’intervenante qui était d’une gentillesse indescriptible nous ont permis de franchir un cap dans le contact et l’interaction sociale tout en nous ayant permis de découvrir en nous un talent caché. Pour résumer, cette intervention était d’une grande utilité en permettant à élèves comme professeurs de décompresser et de passer un excellent moment. »

« J’ai été agréablement surpris : quand on me l’a présenté pour la première fois, j’étais sceptique, mais au final, ça m’a étonnamment plu. C’était marrant et ça change des cours habituels, c’est un bon moyen de décompresser. Cet atelier danse-théâtre à la manière de Pina Bausch pourrait donner envie aux gens de faire du théâtre ou du moins d’être plus expressif – enfin, c’est ce que je pense. Tout ça pour dire que même si, comme moi, vous n’appréciez pas l’école, vous vous amuserez bien. »

« J’ai bien aimé l’atelier danse-théâtre. Le fait que Pina Bausch travaille avec chaque danseur·euse afin de mettre leurs émotions en avant était impressionnant. Participer à une mise en scène était une bonne expérience pour moi. »

Enzo : « Ce que j’ai retenu de cet atelier danse-théâtre, ce sont les choses très singulières qu’on devait faire comme jouer une pièce sans parler et jouer un rôle en dansant. Ce qui m’a plu, c’est avant tout la joie et la bonne humeur dans lesquelles sous étions, enfin nous pouvions exprimer nos sentiments. Je remercie le Lycée Jean Jaurès de m’avoir fait passer un bon moment ! »

« Ce qui m’a surpris dans cet atelier de danse-théâtre, c’est le fait que ce soit moins brouillon que ce que l’on voit en tant que spectateur. Ce qui m’a plu, c’est le moment où nous avions un texte et que nous étions en train de jouer un rôle. Cela m’a plu, car ça faisait un moment que je voulais essayer le théâtre. J’ai peut-être trouvé une passion dans l’acting ! »

Publication mise à jour le 11 avril 2026.